Il mio viaggio attraverso il cinema italiano con Martin Scorsese

Il mio viaggio attraverso il cinema italiano con Martin Scorsese



Vendredi 11 varil 2025. 

Repris le 9 avril 2026. 




1° parte


Martin Scorsese et le cinéma italien : Martin Scorsese e il cinema italiano

Paisà

Fabiola

La Corona di ferro 

Cabiria 

Le néo-réalisme italien : il neorealismo italiano

Roberto Rosselini

Roma città aperta

Paisà 

Germania Anno zero

Il Miracolo

Stromboli Terra di Dio 

Francesco Giullare di Dio 

Europa ‘51

Sciuscià 

Ladri di biciclette 

Umberto D. 



2° parte 

L’Oro di Napoli 

Luchino Visconti

Ossessione 

Giorni di gloria 

La Terra trema 

Senso 

Federico Fellini

I Vitelloni 

La Dolce Vita

Viaggio in Italia 


L’Avventura


L’Eclisse



Otto e Mezzo 


Il clown : Maria ! Vediamo se possiamo divertire un po’ questi noiosi ! 

Bonsoir Madame, vous permettez ? 


M. S. : I wish all young moviegoers to experience what I experienced at that time : being young, open to everything, entering into a movie theater, discovering that the film not only lives up to our expectations but also exceeds them a little more each time.

Je souhaite à tous les jeunes cinéphiles de vivre ce que j’ai vécu à cette époque : être jeune, ouvert à tout, entrer dans une salle de cinéma, découvrir que le film n’est pas seulement à la hauteur de ses attentes mais qu’il les dépasse chaque fois un peu plus. 

We all have a pivotal film, a personal preference; 8 et ½ was mine. Fellini couldn't go back after La Dolce Vita. Yet it can be said that this film was the calm before the storm. With 8 et ½, Fellini took a gigantic leap forward; he reinvented himself, and by doing so, he reinvented everything we know about cinema. You make a film like La Dolce Vita that is a resounding success, and then what ? Everyone is waiting to see what you're going to do, hanging on your every word, wondering what the next step in your artistic evolution will be; everyone feels like they know you, understand you, own you because you've touched them; in a word, pressure. Pressure from your audience and your fans, pressure from your critics and your enemies, pressure from your producer because the clock is ticking and because time is money; above all, the pressure you put on yourself.

Nous avons tous un film charnière, une préférence personnelle ; 8 et ½ a été le mien. Fellini ne pouvait plus revenir en arrière après La Dolce Vita. Pourtant on peut dire que ce film était le calme avant la tempête. Avec 8 et ½, Fellini a fait un gigantesque bond en avant ; il s’est réinventé lui-même et ce faisant, il a réinventé tout ce que nous savons du cinéma. Vous faites un film comme La Dolce Vita qui connaît un succès foudroyant, et après ? Tout le monde attend de voir ce que vous allez faire, accroché à vos moindres paroles, se demandant quelle sera la prochaine étape de votre évolution artistique ; tout le monde a l’impression de vous connaître, de vous comprendre, de vous posséder parce que vous les avez touchés ; en un mot, la pression. La pression de votre public et de vos fans, la pression de vos critiques et de vos ennemis, la pression de votre producteur parce que l’horloge tourne et parce que le temps c’est de l’argent ; par-dessus tout, la pression que vous vous imposez à vous-même. 

(images du début du film, quand le héros est coincé dans un embouteillage, au milieu de monstres, un vieux qui caresse la fourrure d’une jeune diva, on le voit s’évader en marchant au-dessus des voitures puis voler dans le ciel avant d’être rattrapé avec une corde par l’assistant du producteur – mais ce n’était qu’un cauchemar). 

Il dottore : Scusi per l’invasione così mattutinale, come sta ? 

M. S. : So Fellini did something unique: he made a film about his own artistic hesitations.

Alors, Fellini a fait quelque chose d’unique en son genre, il a fait un film sur ses propres atermoiements artistiques. 

Il dottore : Che cosa si prepara di bello ? Un altro film senza sperenza ? 

L’assitente del dottore : È la prima volta che fa la cura ? 


Guido, il regista : Sì. 

M. S. : His hero, played by Marcello Mastroianni, is a director named Guido who is going through a crisis of artistic inspiration; he is unwell, he is blocked, he is exhausted, he has to make another film but he has no ideas.

Son héros, interprété par Marcello Mastroianni, est un réalisateur appelé Guido qui traverse une crise d’inspiration artistique ; il va mal, il est bloqué, il est vidé, il doit faire un autre film mais il n’a pas d’idées. 

(Images de Guido dans la salle de bain, en pyjama, qui allume la lumière, avec en fond sonore la Chevauchée des Walkyries de Wagner)

He goes to a thermal cure (1), trying to hide from everything and everyone around him. He needs peace and quiet so that this film, number 8 and a half, can take shape in his mind. Like Fellini, Guido made seven films plus an episode of another film, which gives rise to the title 8 et ½. He searches for what every artist searches for: his muse. She's never far away; he sometimes catches a glimpse of her, but he can never hold her.

Il part dans une station thermale, il cherche à se cacher de tout et de tous ceux qui l’entourent. Il a besoin de calme et de paix, pour que ce film, le n° 8 et ½, prenne forme dans sa tête. Comme Fellini, Guido a réalisé sept films plus l’épisode d’un autre film, ce qui donne le titre 8 et ½. Il recherche ce que tout artiste recherche : sa muse. Elle n’est jamais très loin, il lui arrive de l’apercevoir mais il n’arrive jamais à la retenir. 

(Guido baisse ses lunettes de soleil et il l’aperçoit : c’est Claudia Cardinale qui avance en ouvrant les bras ; puis elle lui tend en souriant le verre d’eau qu’il doit prendre chaque jour puisqu’il est en cure thermale…)

She seems to float in the way Fellini films and cuts her appearances.

Elle donne l’impression de flotter à la façon dont Fellini filme et coupe ses apparitions. 

(… retour à la réalité : c’est une infirmière plus vieille qui a chaud et qui est fatiguée)

L’infirmière : Signore ! Signore, il bicchiere. 

(Il rajuste ses lunettes de soleil et son propre sourire s’efface)

M. S. : 8 et ½ is like a tapestry woven with the author's dreams, memories, fantasies, and daily pressures to form a stream of conscious images that keep the viewer in a constant state of surprise.

8 et ½ est comme une tapisserie tissée avec les rêves, les souvenirs, les fantasmes, les pressions quotidiennes de l’auteur pour former un flot d’images conscientes qui maintiennent le spectateur dans un état de surprise constant. 


Il bambino : No, non il bagno ! 

La nourrice : Aspetta che ti prendo, piccolo mascalzone ! (Attends que je t’attrape, petit vaurien !). Viens par ici ! Vieni qui !

M. S. : As with Proust, there's no real plot. It's a kind of autobiographical exploration, a search into the past to rediscover that feeling of warmth one feels during childhood but which ends up being as elusive as a muse. But 8 et ½ is above all an experience in which everything that happens in front of the camera can be felt like a dream.

Comme chez Proust, il n’y a pas vraiment d’intrigue. C’est une sorte d’exploration autobiographique, une recherche dans le passé pour retrouver ce sentiment de chaleur qu’on ressent pendant l’enfance mais qui finit par être aussi insaisissable qu’une muse. Mais 8 et ½ est avant tout une expérience où tout ce qui se passe devant la caméra est ressenti comme dans un rêve. 


‍ ‍Première nourrice : Non è il bambino più bello del mondo ? 

Deuxième nourrice : On ne me la fait pas, à moi. Vous faites semblant. Dormez bien, mes petits enfants, dorma bene, creature…

M. S. : It's exciting because you can't predict what's going to happen next. After a while, you stop trying to figure out whether you're in a dream, a memory, or just reality. You just follow.

C’est passionnant parce qu’on ne peut pas prévoir ce qui va suivre. Au bout d’un moment, on ne cherche plus à savoir si on est dans le rêve, le souvenir, ou la simple réalité. On se contente de suivre. 

(Image de la maîtresse qui sort de la salle de bain, simplement vêtue d’une serviette qu’elle ouvre en grand en demandant : Guido, tu m’aimes ? - Guido : Ma sì)

M. S. : Fellini, through the power of his style, tells us : « Come on, trust me, follow me ». It's exhilarating, even when the images are charged with desire or regret. 

Fellini, par le pouvoir de son style, nous dit : Allez, faites-moi confiance, suivez-moi. C’est grisant, même quand les images sont chargées de désir ou de regret. 

(images des parents, de la vieille mère qui écarte les bras et agite son mouchoir dans les ruines d’un site archéologique)

Guido : Tu sei la mamma, vero ? 

La madre : Quante lacrime, figlio mio, quante lacrime ! 

Guido : Papà, aspetta ! Non andare via ! Sentì Papà, avevo tante domande da farte...


Il padre : Vedì come è basso il soffitto. Io l’avrei voluto più alto. È brutto, figlio mio, è brutto. Io l’avrei voluto diverso. Il Commandatore ! Ma come ! Si è disturbato ! 

(al Commandatore) Come va ? Come va questo figlio mio ? 

(Gesto del Commandatore per significare : così così)

L’assistente, al Commendatore : Non si lasci commuovere, stia attento. 

Il padre : Come ? Non va ? 

Come è triste accorgersi di aver tanto sbagliato...

Guido : Ma io...

Il padre : La mamma ti ha preparato qualcosa da portare ti appresso, un po’ di formaggio, due pesce... Non preoccuparti per me...

Il Commandatore, che scende le scale del Grand Hotel : Ma io ho capito di che cosa tu volevi parlare; tu vuoi parlare della confusione che l’uomo ha dentro di se…

(Guido se retourne, habillé de sa serviette, avec sa cigarette entre les doigts, vers une jolie femme)

M. S. : The most exciting thing is that we see Fellini creating a film in front of our eyes. The creative process is the true structure of the film.

Le plus excitant, c’est qu’on voit Fellini créer un film devant nos yeux. Le processus créatif est la véritable structure du film. 

Il Commandatore : Quello che ti interessa deve interessare a tutti; ma perchè non dovrei assicurarti che la gente ti capisca o no ? 

M. S. : You find yourself sitting for two and a half hours next to this man's soul, the camera is always moving, the images are always fluid; you could say it's a film about movement, fluid, nervous, hypnotic, beautiful in and of itself. 

Vous vous trouvez assis pendant deux heures et demi assis à côté de l’âme de cet homme, la caméra est toujours en mouvement, les images sont toujours fluides ; on peut dire que c’est un film sur le mouvement, fluide, nerveux, hypnotique, beau en lui-même et par lui-même. 

Voix chaude, chuchotante : Attention, please ! Guido, Sua Eminenza ti aspetta. Ripetiamo : Guido, Sua Eminenza ti aspetta. 

M. S. : The visual design of the film is unique, it’s pure Fellini.

La conception visuelle du film est unique, du pur Fellini. 


‍ ‍Un lacchè : Faccia presto, mi raccomando si veste, Sua Eminenza sta già aspettando. Li dica tutto, li confida tutto, non nasconda niente e li da una parola gentile per me, per me, per me...

L'assistente, che gli porta i pantaloni : Questa è una meravigliosa opportunità, un Cardinale ! Ma che fortuna ! Può persino sistemare il mio divorzio in Messico. Mi raccomando, parlagli del mio divorzio in Messico...

Un altro assistente, che gli porta la giacca del suo abito : Gettati ai suoi piedi, baci il suo anello, piangi, metteti in ginocchio...

M. S. : I admire this kind of plan, which is so complex and so difficult to carry out, but which unfolds so gracefully that it seems of a rare simplicity. 

J'admire ce genre de plan, qui est si complexe et si difficile à réaliser, mais qui se déroule si gracieusement qu'il paraît d'une simplicité rare. 

Il Commandatore : Mi raccomando, il nostro destino è nelle tue mani...

M. S. : When it came out, the film has sparked endless controversies. Everyone had its own interpretation. I think you can only explain a dream by following the logic of the dream. 

A sa sortie, le film a suscité d’interminables polémiques. Tout le monde avait sa propre interprétation. Je pense qu'on ne peut expliquer un rêve qu'en suivant la logique du rêve. 

Guido : Eminenza, io non sono felice. 

Il Cardinale : Perchè dovrebbe essere felice ? Il suo compito non è questo. Chi ha detto che si viene al mondo per essere felici ? Dice Origene nelle sue Omelie : « Extra Ecclesiam non est salus – Fuori dalla Chiesa non c’è salvezza »

M. S. : Like in a dream, the atmosphere changes suddenly. 

Comme dans un rêve, l’ambiance change brutalement. 

la moglie di Guido, che lava il bucato poi si esclama : Ecco lui ! Ecco Guido ! 

tutte le donne presente nell’harem : Ecco Guido ! 

Guido, che rientra da fuori carico di pacchi mentre nevica forte : Buonasera donne, chiudete tutto che fa fresco, fuori c'è temporale.

(Musique de Nino Rota

M. S. : Women are at the center of Guido's universe, and of Fellini's. He is terrified by their humanity. 

Les femmes sont au centre de l'univers de Guido, et de celui de Fellini. Il est terrifié par leur humanité.

(Guido prend un bain et plaisante en jouant au maître du harem). 

Guido : Siete contente, ragazze ? Non è quelle che avete sempre desiderato ? 

Une nourrice : Sì, non è il ragazzo più bello del mondo ? 

Guido : Oh, Mary ! Cosa che tu dicevi in Copenhagen ? 

Mary, vestita da assistente di volo con occhiali neri, e che ha la voce calde e sussurrante : Siamo deliziati di chiedere ai nostri passaggeri di trascorre la notte a Copenhagen. 

(si può vedere tutte le donne di Guido, la Saraghina, l’amante, l’attrice…)

M. S. : He can use them, ignore them, worship them, but he cannot control them.

Il peut les utiliser, les ignorer, les vénérer mais il ne peut pas les contrôler. 

L'attrice : È un ipocrita.

L'amante : E allora ? 

(changeant de sujet) Non è possibile fare un'eccezione per Jacqueline ?

Guido : Cosa fai ? Anche tu, mi rompi i “coglion...” 

Jacqueline : Prego, solo per un anno, un anno solo, prego...

Guido, violentemente guardando le sue unghie : Non c’è proroga ! 

Una : Vedi un po’ il regolamento ! 

Un’ altra : Sì, chiunque superi una certa età deve andare a vivere al piano di sopra. 

La Saraghina, che morde un tovagliolo per trattenersi, finisce per esplodere : Non è giusto ! 

(Guido continua a guardarsi le unghie mentre cresce la musica della Valchiria, come se esprimesse la rabbia latente delle donne)

M. S. : Fellini is very honest with himself and about himself, especially in this sequence. He's not afraid to reveal himself on screen, with his defaults and the rest. 

Fellini est très honnête avec lui-même et sur lui-même, particulièrement dans cette séquence. Il n’a pas peur de se révéler à l’écran, avec ses défauts et le reste. 

Barbara Steele : Sei un mostro ! 

La ragazzina nera, si aggrappa a un lenzuolo per gridare la rivolta : Abbasso il tiranno ! Abbasso Barbablù !

Jacqueline : Abbiamo il diritto di essere amate fino a settant'anni ! 

M. S. : The spectacle of Guido trying to quell this female rebellion is quite funny. 

Le spectacle de Guido essayant de réprimer cette rébellion féminine est assez drôle. 

Una : fa male l'amore !

Un'altra : Soltanto belle frasi !

Un’altra : Dorme subito ! 

(Guido afferra una frusta e comincia a farla schioccare sul pavimento). 

M. S. : He’s by the way dangerously funny; because Fellini is playing with us. He shows us a scandalous scene and carries it through to its conclusion. 

(On voit Guido fouetter Barbara Steele, qui semble y prendre du plaisir ; puis il fait claquer son fouet sur le chignon de l’actrice, toute surprise, avant de se lisser le Borsalino

La moglie : Che uomo strodinario ! 

L’amica della moglie : Scusa, ma...

La moglie, che l’interrompe : Ha bisogna di fare così; fa così tutte le sere. 

(Cela finit en numéro de cirque, sous les applaudissements, et la fille noire se perche sur un tabouret pour mimer le geste de la tigresse qui sort les griffes. - Il tutto si conclude con un numero da circo, tra gli applausi, durante il quale la ragazza nera si appollaia su uno sgabello per mimare il gesto della tigre che mostra gli artigli.) 

M. S. : Mastership. At a certain point, the filmmaking process seems like a runaway train hurtling towards you. 

Du grand art. À un certain moment, le processus cinématographique ressemble à un train fou fonçant vers vous. 

Il Comandatore, a Guido che cerca di allontanarsi furtivamente : Vieni qua, buffone !

M. S. : To make the film you want to make, you need time, but that's the hardest part to find. It's impossible to concentrate; there's always someone ready to give his opinion or to make an observation.

Pour faire le film que vous voulez faire, il vous faut du temps, mais c'est ce qui est le plus difficile à trouver. Il est impossible de se concentrer, il y a toujours quelqu'un pour vous donner son opinion ou vous faire une observation. 

Guido : Mi lasci il braccio ? Mi dai fastidio ! 

M. S. : Jackass, Chattering, Screaming, raging in your head. Every voice in the world, except the one you need to hear: your own. 

Jacasse, Bavarde, Hurle, font rage dans votre tête. Toutes les voix du monde, sauf celle que vous avez besoin d'entendre, la vôtre. 

Lo sceneggiatore che parla con le dita, mimando il gesto di chi “sente” la poesia : Una povertà di ispirazione poetica... 

Il trovarobe : Sono trent’anni che faccio questo mestiere ! E ho fatto film che tutti voi non avete nemmeno immaginato ! Non avuto mai pauro di niente ! 

Guido : Ma che strilli ? Ti ho chiamato ? 

Il trovarobe : Vado via, smetto il film. Non ti faro più ostacoli, tu hai bisogno di gente giovane. Però, stai attento... che anche tu non sei più quello di prima...

(Guido, con il suo elegante abito, resta seduto nel corridoio dell’hotel)

La ragazza, che gioca sul letto della stanza con sua sorella : Sa che cosa dice ? Che non sei capace di scrivere una storia d’amore ! 

Guido : Ha ragione. 

(La musa, seduta in camicia da notte, scoppia a ridere).

Guido, che fa un “roulé-boulé” sulle foto sparse sul suo letto, murmura per se stesso : Ha ragione. 

La musa : Voglio creare l’ordine, voglio creare...

M. S. : The film doesn't really have a denouement because the artistic process has no end point. 

Le film n'a pas vraiment de dénouement car le processus artistique n'a pas de point final. 


Conclusion de Martin Scorsese


Cominicia con la musica del Gattopardo

Presenta il piccolo posto di tv sul quale ha visto i suoi primi films italiani quando era un giovane ragazzo. 

Ha sempre associato il suo amore del cinema italiano con la sua famiglia. Non posso dire la stessa cosa : i film italiani che mi sono piaciuti non sono quelli che hanno piaciuti ai miei genitori. 

Si sente trappolato : è un regista americano ma senza questi films italiani, non sarebbe la stessa persona e il stesso regista. 

Oggi, abbiamo il sentimento che c’è soltanto il cinema americano e questo lo preoccupa. È per questa ragione che ha fatto questo documentario. 

La tv era molto diversa quando Scorsese era un ragazzo : non c’era il “câble”, neanche il “satellite”, e non concevano il colore. C’erano soltanto due o tre canali che avevano un bisogno disperato di programmi. 

Estratto di Roma, città aperta (1945), con Anna Magnani. 

Il venerdi era un giorno speciale, e come la gente non aveva tutti un posto di tv, i vicini venivano a casa per vedere i film. 

L'Italia si stava appena riprendendo dalle devastazioni della Seconda Guerra Mondiale e i suoi film erano pieni di immagini molto forti e intense. 

Alcune scene erano così toccanti che ho visto le lacrime negli occhi dei miei nonni : avevano lasciato la Sicilia intorno al 1909-1910, e ora in televisione mostravano a loro che cosa avevano lasciati alle spalle, il loro paese e cosa era diventato. Guardando i loro volti, ho pouto capire che in relatà erano come quelle persone e che quello era il loro vero Paese. Sono rimasto stupito perchè per la prima volta ho capito che era da lì che provenivo. 

Li ho visti soffrire : erano al sicuro in America e si sentivano sollevati e colpevoli allo stesso tempo, perchè avrebbero potuto essere questi personaggi che si poteva vedere sullo schermo. 

Fino ad allora, il mio mondo era limitato al nostro appartamento, al nostro palazzo, la scuola, il venditore di caramelle e di dolciumi all’angolo della strada; all’improviso è diventato molto più grande. 

...

Elizabeth Street, a New York, era la Sicilia, e ci sono voluti molti anni per vedere i residenti di palazzi diversi sposarsi tra loro. 

Martin Scorsese ha fatto ricerche su i villaggi da cui provenivano i suoi nonni : Ciminna, che un tempo aveva tante chiese quanti erano gli abitanti, e Polizzi Generosa (Polizzi ospitò i monacci benedettini di ritorno dalle crociate e il sopranome Generosa gli fu dato da Federico II, imperatore del Sacro Impero Romano Germanico). Queste città furono occupate dai Greci, dai Fenici, dai Romani, dai Bizantini, dai Saraceni, dai Normanni, dai Francesi, dagli Spagnoli e, nel XX secolo, dai nazisti e, infine, dagli Americani. E tutte (queste città) sopravissero a loro. I suoi nonni portaronno con se questo istinto di sopravvivenza quando lasciano la Sicilia per non tornare mai più. 

« I miei nonni non hanno mai pensato di insegnarmi da dove venissi, e io non gliel’ho mai chiesto. L’ho imparato guardando i film sul loro paese : sono stati il mio primo contatto/legame con la terra di Sicilia. Quando uno è povero in Sicilia, e dio sa quanto lo erano i miei nonni, la vita può essere molto dura. 

La regola che gli ha permesso di sopravvivere nel corso dei secoli può essere espressa in modo molto schietto : « Ci si pensa due volte prima di fidarsi di una persona estranea alla propria famiglia. »

Mettetevi nei loro panni : per anni, per secoli, il vostro Paese, la vostra patria ha cambiato continuamente di padroni. Di chi si può fidarci, quindi : del governo ? dalla polizia ? dalla Chiesa ? No. Solo alla sua famiglia. Al suo sangue. 

È stato con la mia famiglia che ho guardato e imparato ad amare i film italiani, con una predilezione particolare per quelli la cui storia è ambientata in Sicilia. 

Mentre crescevo (crescendo), ho cercato di vedere tutti i film che venivano trasmessi. Le copie erano spesso scadenti e piene di graffi. Quelli trasmessi in tv vennero doppiati in inglese, intervellati da pubblicità e rieditati. 

Ne rimassi così colpito che non mi importò molto. Ho avuto l’opportunità di rivedere questi film e il loro impatto non è mai diminuito. 


1) Aujourd’hui on dirait : « spa resort ».

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Un piacere tipicamente parigino.