Un piacere tipicamente parigino. 

Un piacere tipicamente parigino. 



Giovedì 10 luglio 2025. 

   Ça, c’est un plaisir de la vie, un plaisir typiquement parisien : après une nuit blanche, partir se promener à bicyclette sur les berges de la Seine pour voir le fleuve au point du jour juste avant que le soleil ne se lève (1), ainsi que les monuments les plus beaux de la capitale en profitant des aménagements réalisés ces dernières années pour les rendre plus accessibles aux piétons et aux cyclistes – ils nous auront suffisamment gonflés avec leurs travaux, j’ai bien le droit d’en profiter comme les autres : 

   La verrière du Grand Palais…

   Le pont Alexandre III et son architecture Belle Époque…

   Le pont de l’Alma avec son zouave…

   Le Louvre et le jardin des Tuileries…

   … pour finalement découvrir, sous le musée d’Orsay, qu’il y avait une exposition de photos sur le cinéma dans le cadre du jumelage entre Rome et Paris, et plus particulièrement sur les relations entre le cinéma italien et quelques français, inspirés par les écrivains italiens (Godard tournant une adaptation du Mépris de Moravia) ou acteurs profitant de la formidable vitalité de ce cinéma dans les décennies d’après-guerre (Delon et Annie Girardot dans Rocco e i suoi fratelli (1960), Delon et Reggiani dans Il Gattopardo (1962) de Visconti, Jean Sorel dans Le Bambole (1965), film collectif de Dino Risi, Mauro Bolognini, Franco Rossi et Luigi Comencini, J.-L. Trintignant dans Estate violente (1959) de Valerio Zurlini, Jacques Perrin dans la Ragazza con la valigia (1961) de ce même Valerio Zurlini, ou Belmondo dans la Viaccia (1961) de Mauro Bolognini) avec quelques-uns des films que j’ai tant aimés : 


   La Dolce Vita, 1960, de F. Fellini, avec Mastroianni en smoking et Anouk Aimée en robe du soir, harcelés par les paparazzi de la via Veneto… 

   La Grande bagarre de Don Camillo (2) (Don Camillo e l’onorevole Peppone, 1955) de Carmine Gallone, avec la course entre Fernandel, ravi dans sa soutane, et Gino Cervi, constipé dans son costume, tandis qu’ils roulent dans les paysages de la plaine padane à proximité du grand fleuve… 

   La legge è la legge (1958), de Christian-Jaque, avec Fernandel en flic idiot, et Totó dans son pardessus de filou malin, comme dans Gendarmes et voleurs (1951), un film de Mario Monicelli et Steno, avec Aldo Fabrizi : Ferdinando (Totó) gagne sa vie grâce à de petites escroqueries, l’une d’elles consistant à vendre de fausses pièces de monnaies antiques à de naïfs touristes, sur le forum romain, à Rome. Il est arrêté par le sergent Bottoni (interprété par Aldo Fabrizi – qui jouera le rôle de l’entrepreneur romain dans C’eravamo tant’ amati, 1974, d’Ettore Scola ; cet entrepreneur doit d’abord être combattu par le jeune avocat interprété par Vittorio Gassman, parce qu’il contourne les lois, mettant en danger les ouvriers qui travaillent sur ses chantiers, et qu’il arnaque le fisc ; mais il va réussir à le convaincre de le défendre plutôt que de l’attaquer, et il lui donnera la main de sa fille, alors qu’il vient à peine de « piquer » Stefania Sandrelli à Nino Manfredi, infirmier dont l’avancement est bloqué parce qu’il vote à gauche, tandis que toutes les sœurs proches de la DC lui passent devant. La fille trouve que Dumas, « c’est vachement dur » - en fait, ça l’est : il est plus facile de se moquer d’elle en adoptant le point de vue du personnage joué par Gassman, en regardant un film que de lire ou d’écrire comme Dumas ; de la même manière, après avoir vu un film d’Antonioni, elle commence à parler toute seule et à croire que les objets lui parlent ; ce dont se moque son mari, qui lui se bat pour sauver l’entreprise familiale et faire de l’argent et des affaires), mais parvient à lui échapper. Suspendu, le policier n’a qu’une façon de sauver sa place : remettre la main sur le voleur. Il se met en chasse, et ne tarde pas à découvrir l’adresse du malandrin… Signé par l’un des maîtres de la comédie à l’italienne, un film grinçant, très amusant mais d’un humour très noir, empreint parfois d’une certaine gravité. 

   A sa sortie, Gendarmes et voleurs eut quelques ennuis avec la censure. Mario Monicelli raconte : 

   « Il y avait cette amitié entre le gendarme et le voleur, les rapports sociaux qui les identifiaient, tous deux ayant les mêmes problèmes… C’est comme si j’avais mis une bombe sous les institutions italiennes ».

   Dans La loi, c’est la loi (La legge è la legge), la frontière entre la France et l’Italie passe au milieu d’un village de montagne, dans les Alpes, et même au milieu de la maison dans laquelle le personnage interprété par Fernandel est né ; si bien que celui-ci aura de gros problèmes d’identité, se dont profitera Totó, qui n’hésite pas à se moquer de lui, alors qu’il est chargé de l’arrêter. 

   Il y avait également une photo de Jacques Perrin et de Claudia Cardinale, tirée de La Ragazza con la valigia (1961) de Valerio Zurlini ; à ne pas confondre avec Estate Violente (1959), de ce même Valerio Zurlini, avec J.-L. Trintignant et Eleonora Rossi Drago, qui était déjà l’interprète principale de Femmes entre elles (Le Amiche, 1955), d’après Cesare Pavese. Dans La Ragazza con la valigia (1961), Aïda, interprétée par Claudia Cardinale, a quitté une troupe de saltimbanques à Riccione, sur l’Adriatique, pour suivre un fils de famille qui s’est lassé d’elle ; Lorenzo, le jeune frère du bellâtre interprété par Jacques Perrin, est ému par le sort de la jeune femme et cherche à lui venir en aide…


   A ne pas confondre avec la Fille du fleuve (La donna del fiume – 1954) de Mario Soldati, un gros navet produit par Carlo Ponti pour sa femme Sophia Loren ; 

   La fille qui en savait trop (La Ragazza che sapeva troppo – 1963), de Mario Bava, avec sa référence évidente, dans le titre, au film d’Alfred Hitchcock, L’homme qui en savait trop (The Man Who Knew Too Much, 1956) ; critique télérama : « Le noir et blanc ne met pas en valeur le talent de coloriste du cinéaste : des clair-obscurs travaillés, quelques mouvements d’appareil surprenants, découpant l’espace de façon abstraite, deux, trois atmosphères inquiétantes ne nous rappellent qu’épisodiquement l’originalité de ses recherches plastiques. » 

   Ni avec La Ragazza (La Ragazza di Bube – 1963), de Luigi Comencini : d’après un roman de Carlo Cassola, Comencini brosse avec vigueur et une certaine amertume, le tableau de l’idéalisme déçu, des séquelles du fascisme et du compromis du PCI avec la DC. Mais l’essentiel fut, pour lui, l’évolution psychologique d’une petite paysanne amoureuse, partageant le sort d’un partisan pur et dur, que la justice finit par rattraper.


   Et pas non plus avec La Ragazza di Trieste (1982), di Pasquale Festa Campanile, con Ornella Muti e Ben Gazzara, sur le thème de la psychiatrie alternative, ou comment sortir des sentiers battus de la psychiatrie conventionnelle. 

   Et enfin, deux photos, prises par mes soins, l’une de la tour Eiffel au sortir de la promenade sur les berges de la Seine au niveau de l’entrée qui plonge sous le pont de l’Alma (je me souviens que l’accident qui coûta la vie à Lady Di, en août 1997, eut lieu dans le tunnel du pont de l’Alma, mais de l’autre côté, rive droite), et la seconde du Trocadéro vu depuis l’esplanade devant la tour Eiffel (qui n’est pas sans me rappeler l’exposition consacrée à l’Art Déco – France – Amérique du Nord, organisée à la cité de l’architecture entre le 21 octobre 2022 et le 6 mars 2023 et que j’avais visitée le 5 mars 2023 ; c’est là que j’avais appris que le Palais de Chaillot (1937) était dû à l’architecte Jacques Carlu, à l‘initiative du ministre du Front Populaire Jean Zay, fusillé par les Allemands en 1944, dont la dépouille se trouve au Panthéon.

   Poi sono andato al mio appuntamento con un dentista al centro sanitario Réaumur per una detartrasi. Mi ha fatto molto male con il suo trapano...

   Il m’a fait mal avec sa fraise dentaire, que nous appelons plus communément une roulette de dentiste…

   Ma devo ammettere che la mia igiene dentale, dovuta sia alla mia dieta – il mio modo di nutrirmi – che al modo in cui mi lavo i denti – troppo energico, e senza cambiare abbastanza spesso il spazzolino o la testina dello spazzolino elettrico – lascia un po’ a desiderare. 

   Je dois cependant reconnaître que mon hygiène dentaire, due aussi bien à mon alimentation qu’à ma manière de me brosser les dents – trop énergique, sans changer assez régulièrement, tous les deux mois par exemple, de brosse à dent – laisse un peu à désirer.

   Le dentiste m’a proposé un rendez-vous, la semaine suivante, c’est-à-dire le 16.07, pour poser une protection qui devrait pallier partiellement le retrait de la gencive. 

   En sortant, j’ai revu l’église Saint-Eustache, dont la façade a été restaurée et au pied de laquelle se trouve d’un côté, le restaurant Au pied de cochon, ouvert 24 h / 24 h, de l’autre la rue Montmartre où il y avait, quand j’étais adolescent, un magasin Compagnie de Californie (dans lequel j’ai acheté un sweat alors que c’étaient les pantalons qui étaient à la mode) aujourd’hui disparu. 

   Je me souviens que quand j’étais adolescent, à l’époque du premier voyage à Rome en 1988, des Doc Marten’s et des Compagnie de Californie, les stylos plume à la mode, et pour cela très chers, étaient les Montblanc ; les miens, car je crois qu’on m’en a offerts deux, étaient des Parker. 

   De toute façon, celui que je préférais était un stylo à plume bon marché, commercialisé à l’occasion de la coupe du monde 1982, avec le sigle de la F.F.F. et à l’effigie d’un joueur de l’équipe de France, Dominique Rocheteau en l’occurrence ; tout a été effacé, le sigle comme la photo, le capuchon n’est pas d’origine (il était bleu alors), le bout n’a pas été rongé avec les dents mais taillé au taille-crayon, et pourtant il me plaît : non seulement j’ai écrit un de mes classeurs avec (celui de l’année 1998), et puis lui au moins, je ne l’ai pas perdu, même si je ne l’utilise plus. Ce stylo à plume, c’est une véritable madeleine de Proust. 

   Questo è un piacere tipicamente parigino : dopo un’insonnia, dovuta a un’attività febbrile di riordino, andare a passeggiare con la bici sul lungoSenna per vedere il fiume prima dell’alba e i monumenti come il Palazzo Grande (le Grand Palais), il ponte Alexandre III, la piazza della Concorda, il giardino delle Tuileries, il museo del Louvre, il museo d’Orsay...

   E sotto il museo d’Orsay, incontrare una mostra fotograpfica dedicata al cinema italiano e i suoi legami con registi e attori francesi, per celebrare il gemellagio tra Parigi e Roma, una mostra chiamata : « Ti amo, cinema ! », con una foto della sosta pranzo sul set di Rocco e i suoi fratelli (1960), mostrando Delon e Luchino Visconti…


   

un’altra di Vittorio Gassman e Joan Collins nel film di Ettore Scola La congiuntura (Cent millions ont disparu – 1964)…


   una di Fernandel e Gino Cervi nella scena finale del film Don Camillo e l’onorevole Peppone (1955) di Carmine Gallone…



   una foto di Fernandel e di Gino Cervi che litigano con il muso duro nel film Il ritorno di Don Camillo (1953) di Julien Duvivier…


   una di J.-L. Godard e la Bardot nella macchina Alfa Romeo Giulietta Sprint sul set du Mépris (1963) (3), con il museo d’Orsay e la mia bici nel’alba…

   

una di Piccoli e di Bardot su una barca sul Mar Tirreno, sotto un sole d’estate, vicino all’isola di Capri dove si trova la villa Malaparte, sul set dello stesso film, con il museo d’Orsay sullo sfondo…

   

una foto di Fernandel et Totó, tutti due sbalorditi, nel film La legge è la legge (1958) di Christian-Jaque…

   

una foto di M. Mastroianni in smoking e Anouk Aimée in abito da sera, annoiati dai paparazzi sulla Via Veneto, nel film di Federico Fellini, La Dolce Vita (1960)…


    una di Alberto Sordi in abito di marinaio, circondato da seminaristi sui gradini della Trinità dei Monti, a Roma, nel film Venezia, la luna e tu (1958) di Dino Risi…

   

una foto di Jacques Perrin e di Claudia Cardinale su una bici, nel film La Ragazza con la valigia (1961) di Valerio Zurlini... con la mia bici e la Senna sullo sfondo…

 

 e infine due foto : una della Torre Eiffel alla fine della passeggiata sulle rive della Senna al livello del pont dell’Alma, e l’altra del Trocadero visto dalla spianata di fronte alla torre Eiffel. 


(1)  C’est déjà un fameux spectacle en été, quand la douceur du climat rend l’air mieux respirable qu’en pleine journée, mais qu’est-ce que ça doit être en hiver ! Dans le froid glacé, quand on souffle sur ses doigts pour les réchauffer, que les berges sont recouvertes d’un tapis de neige immaculée – et de plaques de verglas aussi – ou en automne quand, entre deux averses, on peut constater que la saison a fait jaunir les feuilles de arbres en leur donnant un aspect mélancolique…

(2) Suivront encore deux épisodes tout aussi jouissifs, contrairement à ce que prétendent ces pisse-vinaigre de Télérama : Don Camillo Monsignore (1961), de Carmine Gallone, et Don Camillo en Russie (Il Compagno Don Camillo – 1965), de L. Comencini ; dans le premier (4e épisode de la série), Peppone est devenu sénateur et Don Camillo évêque ; et il a cette réplique, après ses leçons d’anglais : 

— Après ces orgies d’anglais, rafraîchissons-nous la bouche avec ce cigare… (après l’effort pour apprendre une langue étrangère, le réconfort d’un petit plaisir de la vie). 

     Dans le second (5e épisode), c’est l’histoire du jumelage entre Brescello et un kolkhoze ukrainien ; Don Camillo ne parvient pas à empêcher ce jumelage, alors il force la main de Peppone pour l’accompagner en U.R.S.S. … 

(3) Critique Télérama : « Inspiré par un roman d’Alberto Moravia, c’est la double histoire d’un film qui se fait et d’un couple qui se défait. Sur le tournage d’une adaptation de L’Odyssée, un cinéaste, Fritz Lang, symbole de l’artiste humaniste, respectueux des valeurs anciennes et de la morale, affronte son producteur, un capitaliste sans âme, amateur de filles nues, qui brandit son carnet de chèques dès qu’il entend le mot « culture ». Camille, un des meilleurs rôles de Bardot, se met à mépriser son scénariste de mari en le voyant courber l’échine devant le brasseur de dollars. Le message de Godard est clair : il plaide pour la sagesse antique, le respect de la civilisation, la foi en des poètes investis d’une mission. Et il condamne le naufrage d’un monde otage de ses névroses. Ce méli-mélo de malentendus recèle la fameuse scène imposée par Carlo Ponti qui ne voulait pas s’être offert Bardot sans voir ses fesses : « Tu les trouves jolies mes cuisses ? Et mes seins ?... » à quoi Piccoli répond : « je les aime totalement, tendrement, tragiquement. »… Et la fameuse réplique que lance Bardot à Jack Palance : « Monte dans ton Alfa, Roméo ! »…





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Lettre à l’enfant que j’étais.