La visite du musée Marmottan.
Texte en Français suivi de la traduction en Italien)
La visite du musée Marmottan.
Ce jour-là, Eugène Snaporaz, loin de l'agitation urbaine, de la folie des braillards et gesticulateurs, et des livreurs, qui se moquaient des cyclistes en se garant sur les pistes cyclables, sous l'œil bienveillant des flics rigolards de la mairie de Paris, s'était rendu à la Bnf pour voir un de ses films préférés, Prima della Rivoluzione (1964) de Bernardo Bertolucci, racontant l'histoire d'un jeune bourgeois de Parme qui hésite entre l'engagement marxiste et la révolution d'une part, et le confort d'un mariage bourgeois et conformiste d'autre part (il n'hésitera pas longtemps : le conformisme et l'arrivisme sont plus sûrs, comme le montrent les jeunes français de ce début de XXIe siècle, et plus particulièrement les fils de famille parisiens ivres de réussite sociale et de bêtise macroniste et collective). Cela lui avait permis de revoir l'opéra de Verdi inspiré de Shakespeare, McBeth, dans une version bien différente de celle qu'il avait pu admirer sur la scène d'un théâtre parisien quelques années plus tôt.
Nous étions le lundi 27 octobre 2025, et si le temps était beau et ensoleillé, le climat social et politique était à l'orage : les féministes, les nègres, et les bougnoules, de même que les syndicats prolétariens et le patronat prenaient en otage le gouvernement qui avait toutes les peines à boucler son budget, étant donnée la veulerie de la classe politique française, les corporatismes et le communautarisme bien-pensant des élites françaises (quand ce n'était pas partouze à l'Elysée, ils éditorialisaient sans fin dans les journaux). Et bien sûr, les syndicats de fonctionnaires se réveillaient pour faire de l'obstruction, arc-boutés sur les archaïsmes de la défense de leurs intérêts catégoriels.
Eugène Snaporaz, lassé de ces petits jeux de pouvoir, inconsolablement nostalgique de sa Provence natale, de l'Italie et de ses paysages, du monte Viso aux plages des Pouilles, de la côte sarde aux montagnes du Trentin, les Dolomites, les belles Dolomites qui faisaient face, en un certain sens à la chaîne des Apennins, avait envie de visiter un beau musée recelant les trésors artistiques et culturels que la France, et Paris en particulier, recelaient encore (à l'image de l'Italie, la France était un pays muséifié, il aurait donc été dommage de se priver de visiter ces institutions muséales et leurs trésors, qui permettaient de hausser le niveau.
Il jeta son dévolu sur le musée Marmottan, également baptisé Claude Monet, situé dans le 16e arrondissement, et il prit beaucoup de risques pour s’y rendre, parce que celui-ci n'abritait pas seulement des chefs d'œuvre de l'Impressionisme, mais également des sculptures, comme le groupe intitulé Jupiter Taureau, le faune et la Femme, ou Faune et Nymphe, réalisé en 1886 par Auguste Rodin.
Il y avait aussi des objets relevant des arts décoratifs, tels un guéridon réalisé par un ébéniste anonyme vers 1805-1810, le lustre aux musiciennes, réalisé vers 1815, par un certain Pierre Philippe Thomire (1751-1843), un sculpteur bronzier ayant également réalisé une pièce d'orfèvrerie ayant appartenu à Lucien Bonaparte (à l'époque où, anecdote amusante (c'est une anecdote sans rapport avec la visite de ce musée, mais ça ne l'est évidemment pas pour l'histoire des relations internationales), c'était James Monroe qui était président des Etats-Unis - rappelons que la doctrine Monroe est au fondement de la politique étrangère américaine, en interdisant aux Etats européens de coloniser l'Amérique - "L'Amérique aux Américains" -, doctrine qui deviendra un siècle plus tard, avec Théodore Roosevelt, le fer de lance de la domination US sur l'Amérique latine, comme si celle-ci était le pré carré des États-Unis, une vision que les Républicains n'ont cessé de promouvoir, de Reagan à Trump, comme en témoigne l'enlèvement du président vénézuélien, Nicolas Maduro en janvier 2026).
Il y avait également un lit de Napoléon Ier, réalisé vers 1807-1808, un pendule "L'amitié volant les heures" de Claude Galle (1759-1815) et Bailly (1780-1821), et un "pendule géographique", réalisé à la manufacture de Sèvres entre 1813 et 1821.
Ce qui avait beaucoup plu à Eugène Snaporaz, dandy mélancolique et amateur d'art éclairé, c'étaient les sculptures réalisées par des sculpteurs italiens (des héritiers de Michel-Ange en quelque sorte), L'Amour & Psyché, un marbre blanc dont l'original se trouvait à la galerie d'art moderne de Milan, réalisé en 1845 par un certain Giovanni Maria Benzoni (1809-1873), alors qu'il avait longtemps était attribué à Canova; et un Ganymède en marbre blanc, réalisé par l'école d'Antonio Canova.
Mais le gros des collections du musée Marmottan, c'étaient les tableaux et en particulier la peinture impressionniste.
Il n'y avait pas QUE de la peinture impressionniste : à titre d'exemples, on pouvait voir un tableau réalisé par un certain Auguste Antoine Masse (1795-1836), Intérieur de l'atelier de Gros, réalisé en 1824, soit après la période du néo-classicisme triomphant et du style Empire, incarné par le peintre Jacques-Louis David (1748-1825).
Les collections comptaient également un tableau de Marc Chagall (1887-1985), Fiancée au visage bleu, réalisé en 1956.
Ou encore, de Jeanne Eisabeth Chaudet (1767-1832), Petite fille mangeant des cerises, 1817; et, de François-Xavier Fabre (1766-1837), Portrait de la duchesse de Feltre et de ses enfants, 1810.
Mais l'essentiel des collections était constitué de tableaux réalisés par des peintres impressionnistes, et en particulier par celui qui avait donné son nom au musée, Claude Monet.
Il y avait certes des tableaux d'autres grands noms de l'Impressionnisme :
- de Camille Pissarro (1830-1903), Les boulevards extérieurs, effet de neige, peint en 1879;
- d'Auguste Renoir (1841-1919), Claude Monet lisant (vers 1873), et Portrait de Julie Manet (1894).
- d'Edouard Manet (1832-1883), Portrait de Berthe Morisot étendue (1873).
- d'Alfred Sisley (1839-1899), Printemps aux environs de Paris, pommiers en fleurs, 1879.
Il y avait aussi des tableaux de Berthe Morisot (1841-1895), une des figures féministes de l'Impressionnisme :
- Eugène Manet sur l'île de Wight (1875);
- Le cerisier (1881);
- Bergère couchée, 1891.
Enfin, de Claude Monet lui-même (1840-1926), le célèbre Impression, soleil levant (1872), qui avait donné son nom au courant pictural dont il était l'un des initiateurs.
- Sur la plage à Trouville (1870);
- Jardin des Tuileries (1874) : un tableau qui émouvait particulièrement Eugène Snaporaz parce qu'il en possédait une reproduction, et qu'il représentait le jardin à une époque, juste après la Commune, où il n'était pas encore envahi par les touristes;
- Le pont de l'Europe - gare Saint-Lazare (1877);
- Cathédrale de Rouen, effet de soleil, fin de journée (1892);
- Bras de Seine, près de Giverny, soleil levant (1897);
- Londres, le Parlement, Reflets sur la Tamise (1905);
- Le bassin aux nymphéas (entre 1917 et 1919);
- Nymphéas (entre 1916 et 1919);
- Le pont japonais (1918)
- Glycines (entre 1919 et 1920);
- Le pont japonais (entre 1918 et 1924);
- L'allée des rosiers, Giverny (entre 1920 et 1922).
En sortant du musée, Eugène Snaporaz sentit le froid de l'automne sur ses épaules tandis qu'il admirait les couleurs mordorées du feuillage des arbres du jardin du Ranelagh. Il ne savait pas ce qu'il voulait ni ce qui lui avait plu le plus : saisir le secret du peintre, celui qui avait permis à Monet de peindre les variations des heures et des saisons sur la façade de la cathédrale de Rouen, de donner cet effet d'orage dans la brume sur la Tamise, avec un soleil émergeant des nuages, qui devait si fortement impressionner Oscar Wilde quelques années plus tard, et de rendre les couleurs de ses fleurs de Giverny, du pont japonais et des nymphéas, comme Pissarro avait su saisir l'atmosphère de l'hiver sur les grands boulevards parisiens et Alfred Sisley, celle du printemps dans les environs de Paris; ou se fondre dans certains tableaux, comme si ceux-ci évoquaient une Arcadie idyllique.
Puis, il se souvint de deux tableaux qui lui avaient particulièrement plu en les découvrant, et qu'il avait failli oublier dans la masse des impressions visuelles qui l'avaient submergé lors de cette visite :
- La vallée de l'Arno vue depuis le "Paradisino" de Vallombrosa (1799), du peintre Louis Gauffier (1761-1801);
- Volterra. Route descendant de la ville (1834), de J.-B. Corot (1796-1875).
Et il se dit que tant que l'Italie pourrait offrir de tels paysages, et qu'il existerait des peintres capables d'en saisir la beauté pour la rendre sur la toile, il valait la peine d'y retourner, en Italie, pour tâcher de comprendre le mystère de sa beauté et le secret des peintres.
Septembre 2026.
Traduction en italien :
la visita del museo Marmottan.
Quel giorno, Eugène Snaporaz, lontano dal caos urbano, dalla follia dei urlatori e dei gesticolatori, e dai fattorini che si prendevano gioco dei ciclisti parcheggiando sulle piste ciclabili, sotto l'occhio benevolo dei poliziotti corrotti del municipio di Parigi, era andato al BnF a vedere uno dei suoi film preferiti, Prima della Rivoluzione (1964) di Bernardo Bertolucci, che racconta la storia di un giovane borghese parmense indeciso tra l'impegno marxista e la rivoluzione da un lato, e la comodità di un matrimonio borghese e conformista dall'altro (non esiterà a lungo : conformismo e carrierismo sono più sicuri, come dimostrano i giovani francesi di questo inizio XXI° secolo, e in particolare i figli delle famiglie parigine inebriati dal successo sociale e dalla stupidità macronista e collettiva). Questo gli aveva permesso di rivedere l'opera Macbeth di Verdi, ispirata a Shakespeare, in una versione ben diversa da quella che aveva visto sul palcoscenico di un teatro parigino qualche anno prima.
Era il lunedì 27 ottobre 2025 e, sebbene il tempo fosse bello e soleggiato, il clima sociale e politico era tempestoso : femministe, negri e arabi razzisti, così come sindacati proletari e datori di lavoro, tenevano in ostaggio il governo, un governo che faticava a pareggiare il bilancio, data la debolezza della classe politica francese, il corporativismo e il comunitarismo ipocrita delle élite francesi (quando non erano impegnate in orge al Palazzo dell'Eliseo, scrivevano incessantemente editoriali sui giornali). E naturalmente, i sindacati della pubblica amministrazione si stavano risvegliando per ostacolare, aggrappandosi all'arcaica difesa dei propri interessi settoriali. Eugène Snaporaz, stanco di questi meschini giochi di potere, inconsolabilmente nostalgico della sua Provenza natale, del suo campo di ulivi, dell'Italia e dei suoi paesaggi, dal Monte Viso alle spiagge della Puglia, dalla costa sarda alle montagne del Trentino, le Dolomiti, le splendide Dolomiti che si affacciavano, in un certo senso, sull'Appennino, desiderava ardentemente visitare un grande museo che custodisse i tesori artistici e culturali che la Francia, e Parigi in particolare, ancora possedeva (come l'Italia, la Francia era un paese ricco di musei, quindi sarebbe stato un peccato perdere l'occasione di visitare queste istituzioni museali e i loro tesori, che rappresentavano un punto di riferimento). Scelse il Museo Marmottan, noto anche come Museo Claude Monet, situato nel XVI° arrondissement, e prese dei rischi enormi per raggiungerlo, perché ospitava non solo capolavori dell'Impressionismo, ma anche sculture, come il gruppo intitolato Giove il Toro, il Fauno e la Donna, o Fauno e Ninfa, realizzato nel 1886 da Auguste Rodin.
Tra gli oggetti esposti figuravano anche opere di arti decorative, come un tavolo con piedistallo realizzato da un ebanista anonimo intorno al 1805-1810 e un lampadario con musicisti, opera del 1815 circa di Pierre Philippe Thomire (1751-1843), scultore del bronzo che creò anche un oggetto d'argenteria appartenuto a Luciano Bonaparte (Questo aneddoto non è legato alla visita al museo, ma è ovviamente rilevante per la storia delle relazioni internazionali : all'epoca James Monroe era Presidente degli Stati Uniti – vale la pena ricordare che la Dottrina Monroe è il fondamento della politica estera americana, che proibisce agli stati europei di colonizzare l'America – "America agli americani" – una dottrina che sarebbe diventata, un secolo dopo, con Theodore Roosevelt, la punta di diamante del dominio statunitense sull'America Latina, come se fosse il cortile di casa degli Stati Uniti, una visione che i Repubblicani hanno costantemente promosso, da Reagan a Trump, come dimostra il rapimento del Presidente venezuelano Nicolás Maduro nell'inizio di gennaio 2026).
Vi erano anche un letto appartenuto a Napoleone I, realizzato intorno al 1807-1808, un orologio a pendolo intitolato "L'amicizia ruba le ore" di Claude Galle (1759-1815) e Bailly (1780-1821), e un "pendolo geografico", realizzato nella manifattura di porcellane di Sèvres tra il 1813 e il 1821.
Ciò che particolarmente affascinò Eugène Snaporaz, dandy malinconico e illuminato amante dell'arte, furono le sculture di scultori italiani (eredi di Michelangelo, in un certo senso) : Cupido e Psiche, una scultura in marmo bianco il cui originale si trovava alla Galleria d'Arte Moderna di Milano, realizzata nel 1845 da Giovanni Maria Benzoni (1809-1873), sebbene fosse stata a lungo attribuita a Canova; e un Ganimede in marmo bianco, opera della scuola di Antonio Canova.
Ma la maggior parte delle collezioni del Museo Marmottan era costituita da dipinti, e in particolare da dipinti impressionisti.
Non si trattava SOLO di dipinti impressionisti : ad esempio, si poteva ammirare un dipinto di Auguste Antoine Masse (1795-1836), Interno dello studio di Gros, realizzato nel 1824, dopo il periodo di trionfo del Neoclassicismo e dello stile Impero, incarnato dal pittore Jacques-Louis David (1748-1825).
Le collezioni includevano anche un dipinto di Marc Chagall (1887-1985), Fidanzata dal volto blu, dipinto nel 1956.
Erano presenti anche opere di Jeanne-Élisabeth Chaudet (1767-1832), Bambina che mangia ciliegie, 1817; e di François-Xavier Fabre (1766-1837), Ritratto della duchessa di Feltre con i suoi figli, 1810.
Ma la maggior parte delle collezioni era costituita da dipinti di pittori impressionisti, e in particolare dell'artista a cui il museo è intitolato, Claude Monet.
C'erano, naturalmente, dipinti di altri grandi nomi dell'Impressionismo:
- di Camille Pissarro (1830-1903), Viali esterni, effetto di neve, dipinto nel 1879;
- di Auguste Renoir (1841-1919), Claude Monet che legge (circa 1873) e Ritratto di Julie Manet (1894).
- di Édouard Manet (1832-1883), Ritratto di Berthe Morisot sdraiata (1873).
- di Alfred Sisley (1839-1899), Primavera vicino a Parigi, Meli in fiore, 1879.
Erano presenti anche dipinti di Berthe Morisot (1841-1895), una delle figure femministe dell'Impressionismo:
- Eugène Manet sull'Isola di Wight (1875);
- Il ciliegio (1881);
- Pastorella sdraiata, 1891.
Infine, da Claude Monet in persona (1840-1926), la celebre Impressione, sole nascente (1872), che diede il nome al movimento pittorico di cui fu uno degli iniziatori.
- Sulla spiaggia di Trouville (1870);
- Giardino delle Tuileries (1874): un dipinto che colpì particolarmente Eugène Snaporaz perché ne possedeva una riproduzione e perché ritraeva il giardino in un periodo, subito dopo la Comune, in cui non era ancora invaso dai turisti;
- Ponte Europa - Stazione di Saint-Lazare (1877);
- Cattedrale di Rouen, Effetto luce solare, fine giornata (1892);
- Ramo della Senna, vicino a Giverny, sole nascente (1897);
- Londra, Parlamento, Riflessi sul Tamigi (1905);
- Lo stagno delle ninfee (tra il 1917 e il 1919);
- Ninfee (tra il 1916 e il 1919);
- Il ponte giapponese (1918);
- Glicine (tra il 1919 e il 1920);
- Il ponte giapponese (tra il 1918 e il 1924);
- Il viale delle rose di Giverny (tra il 1920 e il 1922).
Uscendo dal museo, Eugène Snaporaz sentì il freddo autunnale sulle spalle mentre ammirava le tonalità dorate del fogliame nel giardino di Ranelagh. Non sapeva cosa desiderasse o cosa gli fosse piaciuto di più : cogliere il segreto del pittore, quello che aveva permesso a Monet di dipingere le variazioni delle ore e delle stagioni sulla facciata della cattedrale di Rouen, di creare quell'effetto tempestoso nella nebbia sul Tamigi, con il sole che spuntava dalle nuvole, che doveva posteriormente tanto impressionare profondamente Oscar Wilde, e di rendere i colori dei suoi fiori a Giverny, del ponte giapponese e delle ninfee, come Pissarro aveva catturato l'atmosfera invernale sui grandi viali parigini e Alfred Sisley quella primaverile nella periferia di Parigi; oppure fondersi con certi dipinti, come se evocassero un'Arcadia idilliaca. Poi gli tornarono in mente due dipinti che lo avevano particolarmente colpito al primo sguardo, e che aveva quasi dimenticato travolto dal flusso di impressioni visive che lo avevano travolto durante quel viaggio :
- La valle dell'Arno vista dal "Paradisino" di Vallombrosa (1799), del pittore Louis Gauffier (1761-1801);
- Volterra. Strada in discesa dal paese (1834), di J.-B. Corot (1796-1875).
E si disse che finché l'Italia offrisse paesaggi simili, e finché ci fossero pittori capaci di catturarne la bellezza e di riprodurla su tela, valeva la pena tornare in Italia, per cercare di comprendere il mistero della sua bellezza e il segreto dei pittori.
Settembre 2026.
