Je me souviens de Turin (II).
Je me souviens de Turin (II)
La visite de la galerie d’art moderne (G.A.M.) de Turin.
Ce jour-là, c'était par une belle journée de février, 2012 ou 2016, je ne me souviens plus très bien, mettons que c'était en 2016, comme cela ça place cette journée entre les JO de Turin, organisés en 2006, et ceux de Milan-Cortina, qui se tiennent actuellement, au mois de février 2026.
Ce jour-là, donc, j'étais bien fatigué car nous avions visité le musée de l'Automobile, passionnant mais situé assez loin du centre, ainsi que le musée national de la Montagna, "Duca degli Abruzzi", qui se trouve de l'autre côté du Pô, je décidai malgré tout de visiter la galerie d'art moderne (G.A.M) de Turin, tout simplement parce qu'elle m'intriguait et qu'elle me faisait envie. Il s'agit d'un bâtiment assez récent, dans une architecture que je qualifierais de "parallelépipédique", située dans le voisinage de la gare de Porta Nuova.
Ce n'est pas là que je découvris l'art moderne et contemporain à proprement parler, parce que je connaissais déjà le musée d'art moderne de la ville de Paris (celui qui est situé à proximité du Trocadero) et le musée national d'art moderne (le centre Beaubourg qui est de nouveau en travaux), mais c'est là que je commençais à me poser des questions. J'avais par exemple visité Londres sans éprouver le besoin de visiter la Tate Modern, et à Moscou, si je suis allé à la Nouvelle Galerie Tretiakov de Krymsky-Val, je n'avais pas pris de notes.
Donc, à Turin, je me suis quand même posé quelques questions : mais qu'est-ce que c'est que l'art contemporain ? Est-il vrai que l'art figuratif est plus "reposant" ?
Il faut savoir que la G.A.M. est divisée en quatre sections : Infinito, Velocità, Natura et Etica.
J'ai donc pris des notes, sauf dans la dernière section, la quatrième, "Etica", parce que là, c'était moi qui était "étique", c'est-à-dire très fatigué, rincé, lessivé.
La deuxième chose à savoir, c'est qu'il est très possible que les œuvres présentées au public ont peut-être changé, si les sections sont restées les mêmes, et toujours au nombre de quatre.
Section 1 : Infinito.
Salle 1 :
Carlo Piacenza, Paesaggio con temporale (1849).
Peintre paysagiste à la sensibilité romantique et idyllique, Piacenza semble moins s'intéresser à la représentation dramatique d'une scène orageuse qu'aux possibilités d'expérimentation avec la lumière naturelle, révélant ainsi son talent de peintre naturaliste. Datant de sa première période, cette œuvre met en lumière les liens de Piacenza avec Jullerat et Pietro Righini, ainsi que l'influence que la peinture d'un artiste comme De Gubernatis a pu exercer sur lui.
Francesco Gonin (Torino, 1808 – Giaveno, 1889),
La Rocca di Sapay presso Viù (1850)
Ce tableau représente le rocher dans un style romantique, sous un ciel orangé, illuminé par un rayon de lumière.
La paroi rocheuse escarpée qui domine les prairies sert aujourd'hui de mur d'escalade.
Présenté à l'Exposition de l'Industrie et des Beaux-Arts de Turin en 1850 sous le titre « La rocca di Sapay presso Viù », ce tableau, représentant un pic rocheux appelé « Roc Sapay » dans les vallées du Lanzo et la forêt surplombant Saint-Jean-de-Maurienne, est un exemple, dans la rare production paysagère de Gonin, d'interprétation romantique d'esquisses réalisées sur le vif. Romantisme expressif d'une atmosphère nordique, où le rocher, rendu plus impressionnant par une délicieuse distorsion de perspective, et le ciel doré qui le surplombe se détachent fortement sur un paysage paisible en arrière-plan, animé par un fin rayon de lumière. À l'occasion de l'exposition de 1850, le tableau fut acquis par le ministre de l'Intérieur
Le col du Sapey se situe à 1 306 m d’altitude, entre Hermillon et Mont-Denis.
Giuseppe Camino, Il diradarsi di un temporale (1856)
"Diradarsi" : se dissiper, s'éclaircir (pour la végétation), se disperser (pour une foule).
ici : la dissipation, ou le recul, d'une tempête.
Salle 2 :
G. Pellizza da Volpedo –
Lo specchio della vita, (e cio che l’una fa, e le altre fanno) - 1898
Giuseppe Pellizza da Volpedo est un peintre rendu célèbre par l'utilisation que fit Bernardo Bertolucci d'un autre de ses tableaux, Le Quart-Etat (1901), pour le générique de son film-épopée 1900 (Novecento - 1976). Ce dernier tableau se trouve à la galerie d'art moderne de Milan.
L'ironie de ce tableau, me semble-t-il, réside dans la présence d'une "brebis de couleur noire" qui n'est pas un "mouton noir", ni une "brebis galeuse" : elle fait exactement ce que les autres font, elle ne s'écarte pas du troupeau.
Cela justifie certainement le titre, mais n'explique pas pourquoi le peintre a voulu représenter une brebis d'une couleur différente des autres, sinon pour souligner le conformisme de tous les éléments du troupeau, et fait irrésistiblement penser aux moutons de Panurge.
Le peintre, qui est passé du divisionnisme de Georges Seurat à des préoccupations plus sociales, avait pour maître le peintre Giovanni Segantini qui, bien que familier et "spécialiste de la représentation de la vallée suisse de l'Engadine, se considérait comme apatride.
Salle 7 :
- la « petite ampoule blafarde (c'est moi qui l'appelle ainsi) :
La petite ampoule blafarde de la salle 7 me rappelait les "ready made" de Marcel Duchamp, et en particulier sa célèbre "fontaine" qui se moque du spectateur aussi bien que du visiteur et qui est donc, de mon point de vue, une invitation à considérer l'art avec recul et dérision, en remettant en cause la séparation entre les artistes et les spectateurs.
Salle 9 :
F. Melotti - Composizione astratta - 1935
« Inscrite dans un carré dont les dimensions sont calculées à partir de la base et de la hauteur des éléments, la sculpture est structurée par la répétition verticale d'un module rectangulaire à section courbe. La variation du premier élément en partant de la gauche, par un simple décalage diagonal, dynamise et complexifie la composition. »
« Sculture n° 15 de Fausto Melotti a intégré les collections municipales milanaises en 1979. Suite à la rétrospective présentée au Palazzo Reale de Milan, le sculpteur a fait don des dix épreuves d'artiste, réalisées en 1968, de dix sculptures datant de 1934-1935. Melotti avait réalisé deux copies et une épreuve d'artiste de chacune des sculptures des années 1930 ayant survécu aux bombardements de Milan en 1943. La quasi-totalité de ces copies a été exposée lors de l'exposition personnelle de novembre 1968 à la Galleria Notizie de Luciano Pistoi à Turin, présentée par Maurizio Fagiolo dell'Arco. Les deux exemplaires de « Sculpture n° 15 » furent vendus par le galeriste à une collection milanaise et à la galerie romaine Sprovieri (ce second exemplaire rejoignit par la suite une collection privée à Trente, après un passage par la Galleria L'Isola à Rome). En 1976, Melotti réalisa deux autres copies de la sculpture, doublant sa taille et utilisant du plexiglas au lieu du plâtre ; ces copies intégrèrent les collections du Fonds Rivetti pour l'art contemporain à Turin et du GAM à Rome (ce dernier ayant été détruit en 1992). L'œuvre originale, quant à elle, est conservée à la Galleria Civica d'Arte Moderna e Contemporanea de Turin, où elle fut acquise lors de la Biennale de Venise de 1966, où elle fut exposée (Celant 1994, p. 22, 30, 35). »
Salle 10 :
Franco Angeli - Napoleone – 1963.
Voilà bien un exemple de ce qui me semble être de la provocation gratuite : des croix gammées dans le bleu, une étoile à cinq branches à l'intérieur d'un cercle dans le rouge, qui peut aussi bien faire référence à l'armée américaine qu'au drapeau soviétique, et dans le blanc... Bof, je ne vois rien.
Il paraît que l'étoile du drapeau soviétique peut aussi bien représenter les cinq continents, symbolisant ainsi l'unité des travailleurs ("prolétaires de tous les pays, unissez-vous !"), que la société communiste : la pointe du haut symbolise le parti, et les quatre autres, l'armée, les ouvriers, les paysans, et les travailleurs du secteur des services.
Soyons indulgent.
Section 2 : Velocità.
Salle 1 :
Tranquillo Cremona - L'edera (Le lierre) – 1878.
(dernier tableau du peintre)
Tranquillo Cremona est l'un des initiateurs du mouvement "scapigliatura" en peinture, s’inspirant de Francesco Hayez, l'auteur du Baiser (Il Bacio - 1859), et futur détenteur de la chaire de peinture de l'Académie des Beaux-Arts de Brera à Milan, mais aussi héritier du chromatisme vénitien.
Enrico Junck - A Teatro – 1878.
Giovanni Boldini, Ritratto della signora in rosa
(ritratto di Olivia Concha de Fontecilla), 1916.
Giovanni Boldini (1842-1931), après s'être formé auprès des Macchiaioli toscans (1), s'installe à Paris où il deviendra l'un des plus fameux portraitistes de la Belle Epoque, capable d'en restituer le charme et la vanité, mais attirant également dans son atelier les membres du Tout-Paris qui furent ses principaux commanditaires.
Le peintre a fait l'objet d'une exposition intitulée "Les Plaisirs et les jours", qui s'est tenue au Petit Palais, à Paris, au cours du deuxième trimestre de l'année 2022.
L. Delleani - Sotto bordo nel porto di Genova 1886.
Salle 3 :
- Andy Warhol, Orange car crash / disaster;
En 1962, Warhol commença à collecter des images de faits divers tragiques. Il sérigraphia quatorze fois l'image d'un accident de voiture mortel. « J'ai essayé de les faire à la main », expliqua-t-il, « mais je trouve plus facile d'utiliser un écran. Ainsi, je n'ai pas besoin de travailler sur mes objets. » La distance que Warhol prend par rapport à la création de l'œuvre reflète la diffusion de cette image macabre par la répétition et la dégradation. À propos de l'ajout d'« une toile vierge, de la même couleur de fond », Warhol affirma, peut-être avec ironie : « Les deux sont conçus pour être accrochés ensemble comme le souhaite le propriétaire… Cela les rend simplement plus grands et surtout plus chers. »
Salle 7 :
S. Scarpitta - Rajo Jack – 1964.
Rajo Jack : une voiture de course contre la discrimination raciale :
La Rajo Jack Spl., 1964, voiture de course construite par Scarpitta, est dédiée au pilote afro-américain Dewey Gatson (1905-1956), plus connu sous le nom de Rajo Jack.
Né au Texas, Rajo, après avoir erré pendant des années en Californie en exerçant divers métiers, arrive à Legion Ascot, le célèbre circuit près d'Hollywood. Grâce à ses excellentes compétences de mécanicien, il est engagé par l'écurie du pilote Francis Quinn. Après la mort tragique de Quinn dans un accident de voiture, l'écurie décide de confier à Rajo le puissant moteur Miller qui appartenait au défunt pilote.
Rajo avait couru dans les États de l'Idaho, du Nevada, de l'Arizona et du Kansas, mais surtout sur les circuits de la côte Pacifique, remportant des victoires à Silvergate (San Diego), San Jose et Oakland (Californie) entre 1934 et 1937.
Cependant, en raison des préjugés raciaux, Rajo ne put jamais intégrer l'American Automobile Association (AAA) et ne put donc jamais participer aux courses d'Indianapolis et de Legion Ascot, malgré son vif désir.
Tout au long de sa vie, Rajo dut relever un double défi : celui des circuits et la lutte, plus ardue encore, contre la discrimination raciale. Il mourut en 1956 d'une hémorragie cérébrale, au volant d'une voiture traversant le désert californien, lors d'un de ses nombreux voyages entre l'Est et l'Ouest.
Une personnalité comme celle de Rajo, si humaine, courageuse et déterminée, ne put qu'impressionner Scarpitta, qui, vers 1964, découvrit une photographie le montrant près d'une des premières voitures de course. Après des recherches minutieuses, Scarpitta décide de construire une voiture de course vintage et de la baptiser du nom du pilote noir : voici la Rajo Jack Spl., 1964, la première voiture de course entièrement conçue par Scarpitta à partir de matériaux de récupération et de pièces qu’il fabrique lui-même dans son atelier situé au quatrième étage du 333 Park Avenue South à New York.
Dans une esquisse préparatoire à l’encre pour Rajo, à côté de l’image de la voiture, il note en anglais : « Fac-similé avec pièces d’origine […] châssis en bois, moteur en fibre de verre. Carrosserie reconstruite à partir de l’originale. Jantes Dayton authentiques, ainsi que les collecteurs d’échappement et les carburateurs Flynn. »
Comme l'artiste le raconte lui-même, Rajo Jack « n'existait pas en tant que réalité mécanique, mais seulement comme une copie, un fac-similé, une illusion d'optique. Cette voiture, Rajo Jack, est complètement fausse, ha, ha ! Mais elle est là. Et son apparence est exacte. […] Je me suis fabriqué une voiture d'optique. Quand je l'ai vue, elle paraissait si réelle, si réaliste… » (2).
Ainsi, la voiture Rajo Jack ne fonctionne pas, mais représente un acte de protestation personnel, un acte politique de l'artiste contre la discrimination subie par un pilote noir interdit de compétition sur les circuits officiels des États-Unis.
Juste après avoir achevé la reconstruction de la Rajo Jack Spl. Scarpitta l'a présentée lors de l'exposition Salvatore Scarpitta – Voitures de course à la galerie Leo Castelli, en 1965, et plus tard, avec Ernie Triplett, une autre voiture de course qu'il a construite et nommée d'après un pilote décédé en course en 1934, ainsi que d'autres voitures, lors de l'exposition Scarpitta Race Cars, qui s'est tenue à l'entrepôt Leo Castelli en 1969.
Section 3 : Natura
Davide Calandra - Aratro - ca 1888.
Issu d'une riche famille bourgeoise, Davide Calandra, après avoir achevé ses études de sculpture à l'Académie Albertina auprès de Tabacchi et Balzico, se distingue rapidement par plusieurs œuvres d'inspiration littéraire, dont Le veglie di Penelope ("Les veilles de Pénélope"), présentées à l'Exposition universelle de Turin en 1880. L'œuvre, saluée par la critique, lui vaut aussitôt plusieurs commandes. Il s'engage ensuite volontairement dans le régiment de cavalerie de Savoie, une expérience qui influence profondément ses choix artistiques, l'orientant vers une sculpture à caractère essentiellement historique et monumental. L'Aratro ("La Charrue"), également connu sous le titre Il Primo solco ("Le Premier Sillon"), appartient à une période de jeunesse marquée par une adhésion temporaire à un réalisme mondain, de type « scapigliato » (3), avec des œuvres initialement inspirées par la littérature et caractérisées plus tard par un cadre rural. Pour la première fois dans son œuvre, la vie rurale fait son apparition, mais plutôt qu'une véritable adhésion au réalisme et au vérisme « scapigliato », il s'agit d'une réinterprétation stylistique anti-romantique, à l'instar des choix de son frère écrivain Edoardo. Cette œuvre, tout comme sa contemporaine Attraverso i campi (1889, Savigliano, Gipsoteca Calandra), également connue sous le nom de La contadina ou La carriola, se caractérise par une attention particulière portée à la vie rurale, inspirée par des scènes quotidiennes de la campagne de Savigliano. Elle fut exposée pour la première fois à la Mostra della Società Promotrice di Belle Arti de Turin en 1888, puis en 1891 à la Galerie Brera, et enfin à l'Exposition nationale de Palerme en 1891-1892, où elle fut acquise pour les collections nationales. L'artiste, après le réalisme saisissant de cette période, évoluera vers un symbolisme plus ambitieux avec la grande sculpture monumentale commémorative, caractérisée par une étude minutieuse du détail, qui fit de lui l'un des sculpteurs les plus reconnus de son temps, réalisant d'importantes œuvres publiques tant au niveau national qu'international.
Io mi ricordo di Torino (II)
La visita alla Galleria d'Arte Moderna (G.A.M.) di Torino.
Quel giorno era una splendida giornata di febbraio, forse del 2012 o del 2016, non ricordo bene, diciamo del 2016, quindi cade tra le Olimpiadi di Torino del 2006 e quelle di Milano-Cortina, che si svolgono attualmente nel febbraio 2026.
Quindi, quel giorno, ero piuttosto stanco perché avevamo visitato il Museo dell'Automobile, affascinante ma piuttosto lontano dal centro città, e il Museo Nazionale della Montagna "Duca degli Abruzzi", che si trova dall'altra parte del Po. Ciononostante, ho deciso di visitare la Galleria d'Arte Moderna (GAM) di Torino, semplicemente perché mi incuriosiva e mi attirava. È un edificio piuttosto recente, con un'architettura che definirei "a forma di parallelepipedo", “parallelepipedica”, situato nella vicinanza della stazione ferroviaria di Porta Nuova.
Non è stato lì che ho scoperto l'arte moderna e contemporanea in sé, perché conoscevo già il Musée d'Art Moderne de la Ville de Paris (quello vicino al Trocadéro) e il Musée National d'Art Moderne (il Centre Pompidou, attualmente e di nuovo in lavori), ma è stato lì che ho iniziato a pormi delle domande. Ad esempio, avevo visitato Londra senza sentire il bisogno di andare alla Tate Modern, e a Mosca, pur essendo andato alla Nuova Galleria Tret'jakov della via Krymsky-Val, non avevo preso delle note.
Così, a Torino, ho iniziato a pormi delle domande : cos'è esattamente l'arte contemporanea ? È vero che l'arte figurativa è più "riposante" ?
Vale la pena notare che la G.A.M. è divisa in quattro sezioni : Infinito, Velocità, Natura ed Etica.
Così ho preso delle note, tranne nell'ultima sezione, la quarta, intitolata “Etica”, perché lì ero io ad essere "etico", cioè “stra-stanco”, esausto, svuotato.
La seconda cosa da sapere è che le opere presentate al pubblico potrebbero essere cambiate, anche se le sezioni sono rimaste le stesse, sempre al numero di quattro.
Sezione 1: Infinito
Sala 1 :
- Carlo Piacenza, Paesaggio con temporale (1849).
Pittore paesaggista dalla sensibilità romantica e idilliaca, Piacenza sembra qui meno interessato alla rappresentazione drammatica della scena tempestosa che alle possibilità di sperimentare con la luce offerta dall'ambiente, rivelando così il suo talento di pittore naturalista. Databile al suo periodo giovanile, quest'opera sottolinea i legami di Piacenza con Jullerat e Pietro Righini, nonché l'influenza che la pittura di un artista come De Gubernatis può aver esercitato su di lui.
- Francesco Gonin (Torino, 1808 – Giaveno, 1889), La Rocca di Sapay presso Viù (1850).
Questo dipinto raffigura la roccia in stile romantico, sotto un cielo arancione illuminato da un raggio di luce.
La ripida parete rocciosa che domina i prati funge ora da parete da arrampicata.
Presentato all'Esposizione dell'Industria e delle Belle Arti di Torino del 1850 con il titolo La rocca di Sapay presso Viù, questo dipinto, che raffigura una cima rocciosa chiamata "Roc Sapay" nelle Valli di Lanzo e la foresta che sovrasta Saint-Jean-de-Maurienne, è un esempio, all'interno della limitata produzione paesaggistica di Gonin, di un'interpretazione romantica di schizzi dal vero. Esprime un'atmosfera romantica nordica, dove la roccia, resa più suggestiva da una deliziosa distorsione prospettica, e il cielo dorato che la sovrasta si stagliano nettamente su uno sfondo paesaggistico tranquillo, ravvivato da un delicato raggio di luce. All'esposizione del 1850, il dipinto fu acquisito dal Ministro dell'Interno.
Il Col du Sapey si trova a 1.306 metri di altitudine, tra Hermillon e Mont-Denis.
- Giuseppe Camino, Il diradarsi di un temporale (1856).
"Diradarsi": dissiparsi, disperdersi (per una folla);
qui : la dissipazione, o il regresso, di una tempesta.
Sala 2 :
- Giuseppe Pellizza da Volpedo, Lo specchio della vita (e cio che l’una fa, e le altre fanno), 1898
Giuseppe Pellizza da Volpedo è un pittore reso famoso dall'uso da parte di Bernardo Bertolucci di un altro degli suoi dipinti, Il Quarto Stato (1901), per l'apertura del suo film-epopea 1900 (Novecento - 1976). Quest'ultimo dipinto si trova esposto nella Galleria d'Arte Moderna di Milano.
L'ironia di questo dipinto, a mio avviso, risiede nella presenza di una "pecora di colore nero" che non è una "pecora nera" (né un “black sheep” né un “mangy ewe”) : fa esattamente quello che fanno le altre; non si allontana dal gregge.
Ciò giustifica certamente il titolo, ma non spiega perché il pittore abbia voluto rappresentare una pecora di un colore diverso dalle altre, se non per sottolineare il conformismo di tutti gli elementi del gregge, e richiama irresistibilmente alla mente le pecore di Panurgo.
Il pittore, che passò dal divisionismo di Georges Seurat a preoccupazione più sociali, considerava come il suo maestro il pittore Giovanni Segantini che, pur familiare e "specialista nella rappresentazione della valle svizzera dell'Engadina", si considerava apolide.
Sala 7 :
- la “piccola pallida lampadina” (sono io a chiamarla così) :
La piccola lampadina pallida nella stanza 7 mi ha ricordato i "ready-made" di Marcel Duchamp, e in particolare la sua famosa "fontana" che prende in giro sia lo spettatore che il visitatore e che è quindi, dal mio punto di vista, un invito a considerare l'arte con distacco e derisione, sfidando la separazione tra artisti e spettatori.
Sala 9 :
- Melotti, Composizione astratta, 1935.
“Iscrivibile in un quadrato, le cui dimensioni si ricavano dalla base e dall'altezza degli elementi, la scultura si articola sulla ripetizione in verticale di un modulo rettangolare a sezione ricurva, con la variazione dl primo elemento da sinistra che, per mezzo di un semplice scarto in diagonale, vivacizza e complica la composizione.”
" Scultura n. 15 di Fausto Melotti è entrata nelle collezioni civiche milanesi nel 1979 quando, all'indomani della mostra antologica di Palazzo Reale a Milano, lo scultore decise di donare le dieci prove d'artista, realizzate nel 1968, di altrettante sculture risalenti al biennio 1934-1935. Melotti eseguì due copie e una prova di artista di ognuna delle sculture degli anni trenta sopravvissute ai bombardamenti di Milano del 1943. Quasi tutte queste copie furono esposte nella personale del novembre 1968, allestita presso la torinese Galleria Notizie di Luciano Pistoi e presentata da Maurizio Fagiolo dell'Arco. Le due copie della "Scultura n. 15" furono vendute dal gallerista a una collezione milanese e alla romana galleria Sprovieri (questo secondo esemplare approdò successivamente in una raccolta privata di Trento, passando attraverso la Galleria L'Isola di Roma). Nel 1976 Melotti realizzò altri due esemplari della scultura - raddoppiando le dimensioni e utilizzando il plexiglass al posto del gesso - che entrarono nel Fondo Rivetti per l'Arte Contemporanea di Torino e nella GAM di Roma (quest'ultimo distrutto nel 1992). L'opera originale invece si trova nella Galleria Civica d'Arte Moderna e Contemporanea di Torino, acquistata alla Biennale di Venezia del 1966, presso cui era esposta (Celant 1994, pp.22, 30, 35). "
Sala 10 :
- F. Angeli, Napoleone, 1963.
Ecco un ottimo esempio di quella che mi sembra una provocazione gratuita : svastiche nel blù, una stella a cinque punte in un cerchio, che potrebbe riferirsi sia all'esercito americano che alla bandiera sovietica, nel rosso, e nel bianco... Boh, non vedo nulla.
A quanto pare, la stella a cinque punte sulla bandiera sovietica può rappresentare sia i cinque continenti, simboleggiando così l'unità dei lavoratori ("Proletari di tutto il mondo, unitevi !"), sia la società comunista : la punta superiore simboleggerebbe il partito, e le altre quattro, l'esercito, gli operai, i contadini e i lavoratori del settore terziario.
Siamo indulgenti.
Sezione 2 : Velocità
Sala 1 :
- Tranquillo Cremone, L’edera (1878 – ultimo dipinto del pittore)
Tranquillo Cremona (1837-1878) è uno degli iniziatori del movimento pittorico della "scapigliatura", ispirato da Francesco Hayez, autore de Il bacio (1859) e futuro titolare della cattedra di pittura all'Accademia di Belle Arti di Brera a Milano, ma anche erede del cromatismo veneziano.
- Giovanni, Boldini, Ritratto della Signora in rosa – Ritratto di Olivia Concha de Fontecilla (1916).
Giovanni Boldini (1842-1931), dopo essersi formato presso i Macchiaioli toscani (4), si stabilì a Parigi dove divenne uno dei più celebri ritrattisti della Belle Époque, capace di catturarne il fascino e la vanità, ma anche di attrarre nel suo studio i membri del’alta società parigina, che furono i suoi principali mecenati.
Il pittore è stato oggetto di una mostra intitolata "Piaceri e giorni", che si è tenuta al Petit Palais di Parigi nel secondo trimestre del 2022.
Sala 3 :
- Andy Warhol, Orange car crash / disaster
Nel 1962, Warhol iniziò a collezionare immagini di tragici fatti di cronaca. Serigrafò quattordici volte l'immagine di un incidente stradale mortale. "Ho provato a farle a mano", spiegò, "ma trovo più facile usare un telaio. In questo modo, non devo lavorare sui miei oggetti". La distanza che Warhol prende dalla creazione dell'opera riflette la diffusione di questa immagine macabra attraverso la ripetizione e il degrado. Riguardo all'aggiunta di "una tela bianca, dello stesso colore di sfondo", Warhol affermò, forse ironicamente : "Le due sono progettate per essere appese insieme a piacere del proprietario... Le rende solo più grandi e, soprattutto, più costose".
Sala 7 :
- S. Scarpitta, Rajo Jack, 1964.
Rajo Jack : un'auto da corsa contro la discriminazione razziale :
La Rajo Jack Spl. del 1964, un'auto da corsa costruita da Scarpitta, è dedicata al pilota afroamericano Dewey Gatson (1905-1956), meglio conosciuto come Rajo Jack.
Nato in Texas, Rajo, dopo aver vagato per anni in California svolgendo vari lavori, arrivò al Legion Ascot, il famoso autodromo vicino a Hollywood. Grazie alle sue eccellenti capacità meccaniche, fu ingaggiato dalla squadra del pilota Francis Quinn. Dopo la tragica morte di Quinn in un incidente stradale, la squadra decise di affidare a Rajo il potente motore Miller che apparteneva al pilota scomparso.
Rajo corse negli stati dell'Idaho, del Nevada, dell'Arizona e del Kansas, ma principalmente sui circuiti della costa pacifica, vincendo gare a Silvergate (San Diego), San Jose e Oakland (California) tra il 1934 e il 1937.
Tuttavia, a causa di pregiudizi razziali, Rajo non poté mai iscriversi all'American Automobile Association (AAA) e quindi non partecipò mai alle gare di Indianapolis e Legion Ascot, nonostante il suo forte desiderio di farlo.
Per tutta la vita, Rajo affrontò una doppia sfida : il circuito automobilistico e la lotta ancora più ardua contro la discriminazione razziale. Morì nel 1956 per un'emorragia cerebrale mentre attraversava il deserto della California durante uno dei suoi numerosi viaggi tra Est e Ovest.
Una personalità come quella di Rajo, così umana, coraggiosa e determinata, non poteva non impressionare Scarpitta, che, intorno al 1964, scoprì una fotografia che lo ritraeva accanto a una delle prime auto da corsa. Dopo una meticolosa ricerca, Scarpitta decise di costruire un'auto da corsa d'epoca e di chiamarla con il nome del pilota di colore : si trattava della Rajo Jack Spl. del 1964, la prima auto da corsa interamente progettata da Scarpitta con materiali di recupero e componenti da lui stesso realizzati nella sua officina al quarto piano del 333 di Park Avenue South a New York.
In uno schizzo preliminare a inchiostro per Rajo, accanto all'immagine dell'auto, annotò in inglese : "Facsimile con parti originali […] telaio in legno, motore in fibra di vetro. Carrozzeria ricostruita dall'originale. Cerchi Dayton autentici, così come i collettori di scarico e i carburatori Flynn". Come racconta l'artista stesso, Rajo Jack "non esisteva come realtà meccanica, ma solo come copia, facsimile, illusione ottica. Quest'auto, Rajo Jack, è completamente falsa, ah, ah! Ma è lì. E il suo aspetto è accurato. [...] Mi sono costruito un'auto con un'illusione ottica. Quando l'ho vista, sembrava così vera, così realistica..." (5).
Pertanto, l'auto di Rajo Jack non funziona, ma rappresenta un atto di protesta personale, un atto politico dell'artista contro la discriminazione subita da un pilota nero a cui era stato vietato di gareggiare sui circuiti ufficiali statunitensi.
Subito dopo aver completato la ricostruzione della Rajo Jack Spl., Scarpitta la presentò alla mostra Salvatore Scarpitta - Auto da Corsa alla Galleria Leo Castelli nel 1965, e successivamente, con Ernie Triplett, un'altra auto da corsa da lui costruita e intitolata a un pilota morto in una gara nel 1934, insieme ad altre auto, alla mostra Scarpitta Auto da Corsa tenutasi presso il magazzino Leo Castelli nel 1969.
Sezione 3 : Natura
- D. Calandra, Aratro, ca 1888.
“Di agiata famiglia borghese, Davide Calandra, terminati gli studi di scultura all'Accademia Albertina sotto la guida di Tabacchi e Balzico, si distingue presto grazie ad alcune opere di ispirazione letteraria, tra cui Le veglie di Penelope, presentata all'Esposizione di Torino del 1880, che, ben accolta dalla critica, gli procura subito diverse commissioni. Successivamente si arruola volontario in cavalleria nel reggimento di Savoia, esperienza che contribuirà in maniera notevole ad orientare le sue scelte artistiche verso una scultura a carattere prevalentemente storico e monumentale. L'aratro, nota anche come Il primo solco, appartiene invece ad una fase giovanile di momentanea adesione ad un verismo mondano, di tipo scapigliato, con opere prima d'ispirazione letteraria e poi a carattere campestre. Per la prima volta nella produzione dell'artista, la vita dei campi, veniva introdotta nelle tematiche delle sue opere ma più che un'adesione effettiva al vero si trattò di un aggiornamento stilistico antiromantico, analogo alle scelte del fratello letterato Edoardo. L'opera - insieme al contemporaneo Attraverso i campi (1889, Savigliano, Gipsoteca Calandra), anche noto come La contadina o La carriola - è caratterizzata da un'attenzione per la vita contadina ispirata alle scene quotidiane della campagna saviglianese. Viene esposta per la prima volta alla Mostra della Società Promotrice di Belle Arti di Torino nel 1888, poi nel 1891 a Brera e infine all'Esposizione Nazionale di Palermo del 1891-92, dove viene acquistata per le collezioni nazionali. L'artista dal verismo "scapigliato" di questa fase sarebbe passato successivamente ad un simbolismo di più alte ambizioni con la grande scultura monumentale celebrativa, caratterizzata da un attento studio dei particolari, che lo rese uno dei più affermati scultori dell'epoca, realizzando importanti opere pubbliche sia a livello nazionale che fuori dai confini.”
(1) Il est à remarquer que le terme de "Macchiaioli", comme celui d' "Impressionnistes" en France, désignant un groupe de peintres qui aspiraient à bousculer le conformisme et l'académisme de l'art officiel, est à l'origine un terme inventé en 1862 par un critique anonyme de la Gazzetta del Popolo qui qualifiait ainsi péjorativement ces peintres.
Littéralement, le nom de "tachistes" ou "Macchiaioli", vient de l'italien "macchia", qui signifie "tache" en français.
À l’origine, ce mouvement, aux alentours de 1855, marque un renouveau réaliste de la peinture italienne et est profondément lié au Risorgimento.
(2) C. Lonzi, Autoritratto, De Donato, Bari 1969.
(3) De « scapigliatura », un mouvement littéraire et artistique qui s’est développé en Italie du Nord, et qui tient son nom d’une libre traduction de la « bohème » française, telle qu’elle apparaît dans le roman d’Henri Mugler, Scènes de la vie de bohème, publié à partir de 1847.
Les artistes qui se réclament de ce mouvement sont en guerre, aussi bien contre le bon sens bourgeois et le conservatisme de l’art officiel italien, que contre le romantisme, jugé artificiel, et le provincialisme de la culture du risorgimento.
Les scapigliati se définissent par une conscience duelle, soulignant le contraste entre l’ « idéal » que l’on cherche à atteindre et le « réel », la dure réalité.
Cf l’article « scapigliatura », dans l’encyclopédie wikipédia.
(4) Vale la pena notare che il termine "Macchiaioli", come "Impressionisti" in Francia, che designava un gruppo di pittori che aspiravano a sfidare il conformismo e l'accademismo dell'arte ufficiale, fu coniato originariamente nel 1862 da un critico anonimo della Gazzetta del Popolo, che lo usò in senso dispregiativo per descrivere questi pittori.
Letteralmente, il nome "Tachistes" o "Macchiaioli" deriva dal termine italiano "macchia", che significa "tache" in francese. Questo movimento, iniziato intorno al 1855, segnò una rinascita realistica della pittura italiana ed era profondamente legato al Risorgimento.
(5) C. Lonzi, Autoritratto, De Donato, Bari 1969.
Febbraio 2026.
