« Rouge, piétons, boulevard du temps qui passe... »

« Rouge, piétons, boulevard du temps qui passe... »

(la traduction est souvent une trahison)




Tandis que je patiente au passage piétons qui jouxte ma mansarde (« la soufieta / Doun naisson li cansoun »), j’entends la voix impersonnelle et mécanique qui scande et qui répète de manière lancinante et monotone : 

« Rouge, piétons, boulevard du temps qui passe ; rouge, piétons, boulevard du temps qui passe ; rouge, piétons, boulevard du temps qui passe… »

Alors mon esprit divague et mes pensées s’envolent vers l’ailleurs. 



Sono di Nizza e vivo a Parigi !

Ho lasciato la mia terra natale per andare in esilio nella capitale !

Il lavoro, come i soldi, non ne ho travati;

Allora penso al mio paese, a Nizza, 

Al mio paesino piemontese, all'Italia ! 


Italia bella ! Italia mia ! 

Ti penso sempre con nostalgia (1);

E un giorno, mio bel paese, 

Che tengo nel cuore, 

Tornerò da te per andarmene mai più ! 


O la mia bella Nizza ! 

Rivedo i tuoi giardini e le tue colline, 

Tutti vesti di brezza marina e di sole ! 

E sento le lavandaie e i pescatori cantare,

Mi fanno venire un desiderio di mare e di sale. 


O piccolo villagio mio ! 

Rivedo i tuoi ulivi secolari, 

I tuoi contadini sbiancati,

Le tue piazze e le tue fontane,

Da cui sgorga un'acqua cristallina. 


C'è molto ricchezza in questa capitale,

Molto vuoto, sciocchezze, vanagloria,

E penso al mio paese, al mio paesino, alla mia Nizza; 

Se chiudo gli occhi, con la fantasia

Mi sembra di essere lì : ma perché li ho lasciati ?




Traduction en français


Je suis de Nice et je vis à Paris !

J'ai quitté ma patrie pour m'exiler dans la capitale !

Je n'ai trouvé ni travail, ni argent.

Alors je pense à mon pays, à Nice, 

À mon petit village piémontais, à l'Italie !


Belle Italie ! Mon Italie !

Je pense toujours à toi avec nostalgie.

Et un jour, mon beau pays,

Que je porte dans mon cœur,

Je reviendrai et je ne te quitterai plus jamais !


Oh, ma belle Nice !

Je revois tes jardins et tes collines 

Toutes parées de brise marine et de soleil ! 

Et j'entends les lavandières et les pêcheurs chanter.

Ils me font venir un désir de mer et de sel.


Oh, mon petit village ! 

Je revois tes oliviers centenaires,

Tes paysans blanchis sous le harnais (2),

Tes places et tes fontaines,

D'où jaillit une eau cristalline.


Il y a tant de richesse dans cette capitale,

Tant de vide, de futilité, de vaine gloire.

Et je pense à mon pays, mon petit village, la mia bella Nizza.

Si je ferme les yeux, avec mon imagination,

J'ai l'impression d'y être : aussi, pourquoi les ai-je quittés ?

1)  Vers emprunté à une chanson de Roberto Alagna, Sicilia bedda (2008).

2) Dans La montagne, Jean Ferrat chantait : 

[…] Le vin ne sera plus tiré

C'était une horrible piquette


Mais il faisait des centenaires

À ne plus que savoir en faire […]

Février 2026

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